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Regroupement de crédits
📌 L'essentiel de cet article
  • Le regroupement de crédits consiste à rassembler plusieurs emprunts en cours en un seul nouveau prêt, avec une mensualité unique. Objectif : alléger la mensualité et faire baisser votre taux d'endettement. 
  • Revers de la médaille : comme la durée est allongée, le coût total de l'opération augmente. D'où l'intérêt d'agir sur le poste le plus facile à optimiser tout de suite : l'assurance emprunteur.
  • Au moment de la signature du regroupement, vous n'êtes jamais tenu de souscrire l'assurance proposée par l'organisme prêteur. Si l'opération porte principalement sur de l'immobilier, la loi vous garantit le libre choix de l'assureur dès lors que les garanties sont équivalentes à celles exigées. Si elle relève du crédit à la consommation, l'assurance est facultative : là encore, aucun contrat ne peut vous être imposé.
  • En cours de prêt, en revanche, le changement d'assurance de prêt n'est pas toujours possible. Il dépend de la composition de votre opération. Si la part immobilière dépasse 60 % du montant total, la loi Lemoine s'applique et vous pouvez changer à tout moment, gratuitement. En dessous de ce seuil, vous dépendez uniquement des conditions de résiliation prévues par votre contrat, souvent limitées à la date d'anniversaire, parfois inexistantes.
  • Et cette liberté de choix a une valeur très concrète. Sur un dossier récent, le passage en délégation a permis 89 % d'économies, soit près de 14 732 € conservés par les clients, à garanties identiques. C'est ce qui se joue le jour de la signature, quand la question de l'assurance est encore ouverte.


Le regroupement de crédits, c'est quoi exactement ?

Le regroupement de crédits, aussi appelé rachat de crédits, permet de rassembler vos emprunts en un seul. Un établissement bancaire habilité rachète et solde vos crédits en cours, puis vous accorde un nouveau prêt unique, avec une seule mensualité et une seule date de prélèvement.

Les emprunts concernés peuvent être immobiliers, consommation (prêt personnel, auto, travaux, crédit renouvelable) ou professionnels. Certaines dettes peuvent aussi être intégrées : dettes familiales, huissier, impôts, charges de copropriété, arriérés de loyer.

Cette opération permet ainsi d'abaisser votre mensualité et donc de réduire votre taux d'endettement. Un point clé quand on sait qu'il ne doit en principe pas dépasser 35 % des revenus. 

Résultat : de la respiration dans le budget, et parfois la capacité de financer un nouveau projet ou de dégager de la trésorerie.

💡 À ne pas confondre avec la renégociation de prêt. Renégocier, c'est modifier son crédit existant chez le même prêteur, par simple avenant, sans souscrire de nouveau prêt. Un regroupement de crédits, lui, solde les anciens crédits et en crée un nouveau.

⚠️ Le point que l'on oublie souvent : la mensualité baisse, mais le coût total grimpe

Si la mensualité diminue, c'est en grande partie parce que la durée de remboursement est allongée. Or, plus on rembourse longtemps, plus on paie d'intérêts… et d'assurance. Mécaniquement, le coût total du crédit augmente.

C'est précisément pour cette raison que chaque poste de dépense mérite d'être passé au crible. Et parmi eux, un seul peut être divisé par 5, 9 ou 15 sans rien changer à votre projet : l'assurance emprunteur. C'est aussi le seul que vous choisissez vraiment.

Assurance du regroupement : celle de l'organisme prêteur ou une assurance externe ?

Quand vous signez votre regroupement de crédits, la banque vous propose systématiquement son contrat groupe, un contrat mutualisé, calculé sur des moyennes, souvent présenté comme une évidence dans le dossier. Ce n'est pourtant qu'une option parmi d'autres.

Vous avez le droit de choisir votre assureur

Vous pouvez souscrire une assurance externe, en délégation d'assurance, auprès de l'assureur de votre choix. L'organisme prêteur ne peut s'y opposer que pour un seul motif : si le nouveau contrat ne présente pas des garanties équivalentes à celles qu'il exige (décès, PTIA, IPT, IPP, ITT selon le projet, avec les mêmes quotités et les mêmes franchises). Tout refus doit être motivé par écrit : un refus non justifié n'est pas légal.

Concrètement, avec la délégation d'assurance, le contrat individuel est tarifé sur votre profil réel : âge, profession, état de santé, statut fumeur ou non, montant et durée du prêt. Là où le contrat bancaire applique un taux moyen, la délégation applique votre taux. Sur un profil jeune, non-fumeur ou sans antécédent, l'écart devient spectaculaire (voir la partie 4).

Deux bonnes raisons de faire le comparatif

  • En soldant vos anciens crédits, vous perdez les assurances qui les couvraient, y compris les prises en charge en cours. Il ne faut donc surtout pas laisser de trou dans votre couverture : la nouvelle assurance doit être calibrée dès la signature.
  • C'est le moment où votre liberté de choix est totale. Comme nous allons le voir, changer plus tard n'est pas toujours possible.

👉 Et si le regroupement comprend un prêt immobilier, l'assurance sera de toute façon exigée par le prêteur. Sur la part consommation, elle reste facultative mais vivement recommandée : c'est elle qui prend le relais en cas de décès, d'invalidité ou d'arrêt de travail.

Peut-on changer d'assurance en cours de remboursement ?

C'est la question que l'on nous pose le plus souvent, et la réponse dépend entièrement de la nature du nouveau prêt, pas des crédits que vous avez soldés.

Si la part immobilière est importante

Le code de la consommation fixe la règle : si la part immobilière dépasse 60 % du montant total de l'opération, l'ensemble est traité comme un crédit immobilier. Vous bénéficiez alors du régime de la substitution d'assurance : résiliation et remplacement à tout moment, sans frais et sans justification, à la seule condition de respecter l'équivalence des garanties. L'organisme prêteur dispose de 10 jours ouvrés pour répondre, et il ne peut ni facturer de frais, ni modifier votre taux d'intérêt en représailles.

Si votre regroupement est à dominante consommation

En dessous de ce seuil de 60 %, ou pour un regroupement composé uniquement de crédits à la consommation, l'opération relève du crédit à la consommation. Et là, la substitution à tout moment n'existe pas.

Il faut alors se reporter aux conditions de résiliation de votre contrat d'assurance :

  • dans certains cas, la sortie n'est tout simplement pas prévue en cours de prêt ;
  • ou, vous pouvez avoir uniquement une faculté de renonciation dans les premiers jours de votre contrat,
  • ou, la résiliation est possible à tout moment,
  • le plus souvent, elle n'est possible qu'à la date d'anniversaire du contrat, moyennant un préavis à respecter (généralement deux mois).

Autrement dit : sur un dossier à dominante consommation, le bon moment pour choisir votre assurance, c'est le jour de la signature. Ensuite, la porte peut se refermer. C'est tout l'enjeu de la partie précédente.

💡 Le doute est permis ? Faites vérifier la composition de votre opération et les conditions de résiliation de votre contrat avant de signer : cinq minutes d'analyse peuvent valoir plusieurs milliers d'euros. Nos conseillers le font gratuitement au 03 20 13 00 23.

Combien peut-on réellement économiser ? Exemple d'un dossier chiffré

Voici un dossier récemment traité par nos équipes.

Le dossier

🔹 Regroupement de crédits de 38 321,76 € sur 109 mois à 7,09 %
🔹 Un couple de 50 et 27 ans
🔹 Garanties Décès / PTIA / IPT / ITT avec franchise 90 jours, à 100 % sur chaque tête

Le résultat

❌ Coût de l'assurance banque : 16 478,72 €
✅ Coût de l'assurance Wily : 1 747,08 €

👉 Soit près de 14 732 € d'économies, une facture d'assurance divisée par plus de 9… et 89 % de moins

Mêmes garanties, même niveau de protection, mais un tarif sans commune mesure. C'est tout l'intérêt de la délégation d'assurance : ne pas se contenter de l'offre par défaut de la banque.

Et ce n'est pas un cas isolé :

  • Regroupement de 47 100 € sur 144 mois : 9 156,96 € chez la banque contre 604,64 € chez Wily, soit 8 552,32 € d'économies (coût divisé par 15).
  • Regroupement de 53 274,10 € sur 77 mois : 6 596,98 € contre 1 492,26 €, soit 5 104,72 € d'économies (coût divisé par plus de 4).

⚠️ Ces montants sont des exemples réels, mais non généralisables : tout dépend du capital, de la durée, des garanties et du profil de chacun. La seule façon de connaître votre chiffre, c'est de le calculer.

En résumé

Un regroupement de crédits allège la mensualité, mais allonge la durée : le coût total, lui, augmente. L'assurance emprunteur est le levier le plus rapide pour compenser, à condition de ne pas se contenter du contrat proposé par défaut. 

Comparez au moment de la signature, car c'est le seul instant où votre liberté de choix est certaine : la possibilité de changer ensuite dépend de la part immobilière de l'opération et des conditions de sortie de votre contrat. Un devis gratuit suffit pour chiffrer votre gain, sans engagement.

FAQ : regroupement de crédits et assurance emprunteur
  • Qu'est-ce qu'un regroupement de crédits ?

Plusieurs emprunts en cours sont soldés et remplacés par un nouveau prêt unique, avec une mensualité unique et une seule date de prélèvement. L'objectif est d'alléger la mensualité et de réduire le taux d'endettement, en contrepartie d'une durée allongée et donc d'un coût total plus élevé. À distinguer de la renégociation, qui consiste à modifier son crédit existant chez le même prêteur par simple avenant.

  • Peut-on monter un regroupement de crédits seul ?

Non. C'est une opération de crédit : elle passe obligatoirement par un établissement habilité, banque ou société de financement spécialisée. C'est lui qui rachète vos prêts en cours, les solde et vous accorde le nouveau prêt unique. En revanche, l'assurance de ce nouveau prêt, elle, vous appartient : c'est là que vous gardez la main.

  • Faut-il souscrire une nouvelle assurance de prêt en cas de regroupement de crédits ?

Oui. C'est un nouveau crédit que vous souscrivez pour remplacer les autres : il vous faut donc une nouvelle assurance de prêt. Attention : en soldant vos anciens crédits, vous perdez les assurances qui les couvraient, y compris les prises en charge en cours.

  • Suis-je obligé de prendre l'assurance proposée par l'organisme prêteur ?

Non. Vous pouvez souscrire le contrat de votre choix en délégation d'assurance, dès lors que les garanties sont équivalentes à celles exigées par le prêteur. C'est même le meilleur moment pour comparer, puisque c'est l'instant où vous choisissez librement votre assureur.

  • Ma banque peut-elle refuser le changement d'assurance pour mon regroupement de crédits ?

Oui, c'est possible, et pour deux raisons distinctes. D'abord parce que votre opération n'entre peut-être pas dans le cadre de la substitution à tout moment : si la part immobilière ne dépasse pas 60 % du montant total, le dossier relève du crédit à la consommation et le changement en cours de prêt n'est plus un droit. Ensuite, même quand ce droit existe, la banque peut refuser un contrat qui ne respecte pas l'équivalence des garanties. Elle doit alors motiver son refus par écrit. Un refus non justifié n'est pas légal.

  • Peut-on changer d'assurance après la signature du regroupement de crédits ?

Cela se décide au cas par cas. Si la part immobilière dépasse 60 % du montant total de l'opération, l'ensemble est traité comme un crédit immobilier : vous pouvez résilier et remplacer votre assurance à tout moment, sans frais et sans justification, à garanties équivalentes. En dessous de ce seuil, il faut se reporter aux conditions de sortie de votre contrat : la résiliation est parfois impossible en cours de prêt, et le plus souvent limitée à la date d'anniversaire, avec un préavis à respecter.

  • Faut-il remplir un questionnaire de santé ?

Cela dépend de la nature de l'opération. La suppression du questionnaire médical ne concerne que les prêts immobiliers dont le montant assuré ne dépasse pas 200 000 € par personne (encours compris), avec une dernière échéance avant le 60e anniversaire de l'assuré. Au-delà de ces seuils, ou pour un dossier relevant du crédit à la consommation, des formalités médicales restent à prévoir.




Publié par Mélanie Verbist, spécialiste de l’assurance emprunteur | 14/09/2026